Présence active du vide / Pierre Ménard

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Vase communicant : Liminaire

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Vase communicant : Liminaire

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La ville, là-bas, avec son chaos de toits se diluant dans la pollution estivale. Les fenêtres d’abord qu'on devine, stores incertains. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir un lieu comme ça pour travailler. Depuis le début, arrive-t-on encore à voir ? Barrières en bois, pièges pour le regard. Pris dans les plis et les lignes, sillons tracés à même le sable. J’imaginais le futur autrement, ce qui est banal au fond. Toujours pareil avec ce genre de lieu. Tout en façade. Et le temps passe à rebours des choses, éclairé soudain par ce rapprochement. Parce que ça passe par-dessus, par-dessous : ça s’emmêle. Je rentre dans l'église à la recherche d'une autre dimension. La lumière incertaine d'une bougie, la pénombre et la fraîcheur rance entre ces murs gris. Les tableaux aux murs poussiéreux, les vitraux colorés. Variations impossibles à circonscrire, à limiter, à amener à soi, à comprendre. Donner forme à l’informe, visage à l’inconnu. Silhouette fugitive qui se cache sans doute derrière un pilier. Multiplication des points de vue et richesse foisonnante des observations. Attraper seulement quelques éclats le long des linéaments, dans ces jeux de continents aux contours imprécis, et tout ce trouble porté longtemps. Le rythme éclaté de nos trajectoires inverses, comme emmêlé dedans. Rien d’autre n’éclaire que sa propre lumière. Je suis assis dans l'église et je pense à cet homme qui marche seul sur la plage. Et c’est ainsi qu’on devient une authentique vie imaginaire pour tout autre. Cette présence active du vide, cette attente d’incarnation qui précède le jour. Cette attente qui se porte en elle-même. On le sent bien, c’est trop tard. Quelque chose fait de sursauts de lumière. Des éclats de présences obsédantes, d’absences partout tracées, au hasard des rencontres et du chemin que l’on a parcouru, qui est la seule distance qui importe. Un silence. Et de nouveau plus rien, autant dire : tout à imaginer… Il ne me reste plus qu’à travailler.

Le titre Présence active du vide et tous les passages en italique de ce texte sont extraits de textes écrits par Marie-Hélène Voyer sur son blog Chronique d'une avatar dont je vous conseille la lecture attentive.

Commentaires

bel échange entre ces deux textes concentrés, drus

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