Pluies
... que nous découvrions au matin (non pas torrentielle, pas cette pluie-là, pas ce genre-là, mais plutôt lente, presque nonchalante, quasi langoureuse en fait, et se laissant aller depuis le ciel jusqu'à nos sols sans sembler faire le moindre effort) après en avoir eu l'impression, le pressentiment (à moins, ce qui semblait plus plausible, que nos corps, nos peaux, sentent, par quelque processus mystérieux dont on ne saurait jamais rien, que quelque chose, dehors, derrière la protection des persiennes, se passait), en poussant les volets laissés entrouverts afin de tenter de lutter contre l'espèce d'étouffement sous lequel l'été avait décidé de nous noyer - manoeuvre désepérée qui ne servait à rien, l'air du dehors étant au moins aussi empoissé que celui de nos dedans, et nous plongés dans cette mélasse, qui restions là, toute la nuit, couchés tels des morts emplis d'espoirs vains, à espérer un déplacement du monde qui puisse suffire à nous donner un second souffle.
Le texte tel qu'il s'écrit
(en test technique)








